Une paroisse confiée aux Pères de la Doctrine Chrétienne

10 novembre 2016

Le fondateur : César de Bus

Il est le septième d’une famille de treize enfants et nait à Cavaillon le 3 février 1544.
Il reçoit l’éducation chrétienne que les familles nobles aisées donnent à leurs enfants au collège des Jésuites d’Avignon. L’adolescence, un engagement dans l’armée du comte de Tende, son départ à la cour du roi Charles IX où il rejoint son frère, sont autant d’évènements qui lui font prendre de la distance par rapport à la religion et se complaire dans la joyeuse compagnie et les plaisirs faciles.

Entendant les moniales chanter l’office au milieu de la nuit, il réalise qu’il fait fausse route : elles, « se lèvent au milieu de la nuit pour louer le Seigneur alors que moi je vais l’offenser ».
La grâce de Dieu l’a saisi et le mènera au sacerdoce.

Ordonné prêtre à Cavaillon,en 1582, César devient un prêtre passionné au style simple, direct, imagé et compréhensible par tous.
Retiré à l’ermitage Saint Jacques, son désir de former ses ouailles l’amène à réfléchir sur le catéchisme issu du Concile de Trente (1562), catéchisme qui répond au besoin d’un manuel populaire faisant autorité pour palier à l’ignorance généralisée du clergé d’avant la Réforme, et au manque d’intérêt pour l’instruction religieuse des fidèles qui en découlait.

César a alors l’idée de créer une société de prêtres qui se feraient catéchistes en particulier pour les gens sans instructions et les habitants des campagnes. Le 29 septembre 1592, il fonde à l’Isle-sur-Sorgue la Congrégation des Pères de la Doctrine Chrétienne. Elle regroupe des prêtres, qui vivent en communauté où l’on partage fatigues et joies et, qui se destinent à faire de la « Doctrine chrétienne », c’est à dire du catéchisme.

S’en suivent des années fécondes mais avec des souffrances morales (la défection de certains compagnons) et physiques (il perd progressivement la vue).
Sa vie s’achève dans un dénuement total (il s’est défait de tous ses biens) et un véritable chemin de croix.

Il meurt le 15 avril 1607, jour de Pâques avec ses mots sur les lèvres « Demain c’est Pâques, pour moi, ce sera doublement Pâques  ».

Paul VI le béatifiera le 27 avril 1975 : en lui, l’Eglise reconnaît un modèle pour les catéchistes.
Ne disait-il pas : « Il faut que tout ce qui est en nous catéchise, et, que notre conduite fasse de nous un catéchisme vivant. »

Son originalité en tant que catéchiste :

César de Bus est un prêtre qui va savoir adapter son enseignement au niveau des personnes qu’il a à enseigner :

  •  la “petite doctrine” s’adressait à ceux qui n’avaient encore aucune connaissance. On y apprenait le signe de la Croix, les principales prières, les commandements, les sacrements surtout la Pénitence et l’Eucharistie, les mystères de la foi.
  •  la “moyenne doctrine” donnait une explication par des “instructions familières”, des chants composés par le Bienheureux et la connaissance de l’Ecriture et des Pères de l’Eglise.
  •  la “grande doctrine” se faisait de la chaire le dimanche et les fêtes les plus solennelles. Utilisant tout ce qui parle aux sens et à l’imagination, il fut un précurseur dans l’enseignement religieux en faisant participer les familles au catéchisme, en présentant la doctrine à partir des centres d’intérêt qu’il était attentif à reconnaître dans la vie des gens,
  •  en composant, accompagnant et chantant des textes illustrant son enseignement,
  •  en peignant lui-même ou faisant peindre des “tables”sur des thèmes religieux, les expliquant et les commentant plusieurs jours de suite, en ayant le souci d’un enseignement progressif et adapté qui amène à une connaissance intégrale de la Doctrine Chrétienne. II fait appel au raisonnement mais il souligne la nécessité de relier enseignement, prière et engagement de vie chrétienne. Il invite à une vie sacramentelle habituelle et fervente.

La congrégation des pères de la Doctrine Chrétienne ou Doctrinaires :

César la fonde en 1592, à l’Isle-sur-Sorgue. Il est à noter que deux ans plus tard, il fonde les Ursulines de France, congrégation homologue de celle des pères.

« À l’origine cette congrégation est axée sur l’enseignement du catéchisme et de la doctrine chrétienne. Elle hésite entre la forme et le statut d’ordre religieux et celle plus souple de congrégation séculière. Elle prend en main les collèges qu’on lui confie, dont certains avaient été tenus par la Compagnie de Jésus qui venait d’être dissoute. Mais dans l’ensemble ces collèges vivent mal, car leurs charges étaient supérieures à leurs revenus. À la révolution beaucoup d’entre eux prirent parti pour elle. Lakanal fut professeur dans plusieurs maisons de la Doctrine.
En Limousin les pères de la Doctrine chrétienne s’installent en 1607 à Tulle, en 1621 à Brive ; puis à Bellac en 1648, et à Treignac en 1662. Ils remplacent les Dominicains qui n’ont pas réussi. En 1673, ils rédigent l’Instruction de la Doctrine chrétienne, qui connaît par la suite plusieurs éditions. Cette Instruction est en quatre parties : vérités à croire (mystères de la foi), commandements de Dieu et de l’Église, sacrements, prières.
À Rochechouart (Hte Vienne), ils ouvrent une école route de Nontron qui sera fermée en 1904.
 »
(source : http://grandmont.pagesperso- orange.fr/congregations_les.html)

La Congrégation est actuellement présente dans cinq pays : l’Italie, la France, le Brésil, le Burundi et l’Inde.
Du 16 au 24 juillet 2014, des séminaristes (majoritairement du Burundi, un d’Inde, deux du Brésil) étaient parmi nous.
Les pères Charles et Joseph, sont deux prêtres Doctrinaires burundais actuellement vicaires à Cavaillon.